Partager l'article ! LA CHRONIQUE: LA CHRONIQUE DE ROMAIN MESNIL : « Un peu perdu » Sylvain COULLON - mardi 22 juillet 2008 - 15h00 Aute ...
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LA CHRONIQUE DE ROMAIN MESNIL :
Romain Mesnil, dans quel état d’esprit êtes-vous après cette semaine difficile ?
Psychologiquement, j’ai vécu l’une des semaines les plus difficiles de ma carrière. Je disputais les premières compétitions après ma blessure au mollet. Je me sentais bien à Castres mais j’ai
fait trop d’erreurs dans mes choix. A Paris, j’avais du mal à attaquer et je cherchais à trop bien faire les choses. J’avais aussi l’impression de ne pas être réveillé, peut etre à cause d’un
anti-inflammatoire que j’ai dû prendre le matin de la compétition parce que je ne l’avais pas reçu la veille. Je manque de gnac et je me retrouve avec un deuxième zéro d’affilée, ce qui ne
m’était pas arrivé depuis très longtemps. Avec mon entraîneur (Georges Martin), on a ensuite décidé de prendre Heusden comme une séance technique pour faire ce qu’il manquait, c’est-à-dire
remettre de l’attaque.
Mais vous vous faîtes peur dès 5,30m…
En fait, j’ai commencé le concours sur élan complet, avec la perche dure que j’utilisais à Paris. Mais je n’arrivais pas à la déplacer. J’ai donc décidé de raccourcir la course de deux pas et
de prendre une perche plus souple. Mais elle l’était encore trop et j’ai fini par passer au troisième essai avec un élan encore réduit. Ensuite, c’est remonté petit à petit mais je manquais
vraiment de jus pour franchir 5,70m. Mais je commençais à ressentir de l’attaque, ce qui n’était pas le cas dans les autres compétitions. Le bilan de tout ça est que la blessure, qui est
intervenue à un moment où j’étais fort, m’a coûté plus de temps que prévu.
L’aviez-vous sous-estimée ?
Non mais je n’ai pas l’habitude de me blesser. Je pensais que les sensations allaient revenir plus vite alors qu’il manque du travail. Je vais donc prendre les championnats de France comme un
élément de cette phase de travail. D’autant que la Fédération me soutient car ils ont vu que j’étais en sortie de blessure et que j’étais largement au-dessus des barres, même à 5,70m. Ce n’est
qu’une question de réglages et de manque de solidité sur la fin.
« Il y a du boulot »
Sur quoi vont être axés vos entraînements pour y remédier avant les championnats de France ?
En rentrant d’Heusden, lundi, j’ai effectué une séance de course légère avec des sensations de vitesse. Mardi, je vais faire une séance de sauts en montant petit à petit avec des perches de
plus en plus dures, en faisant des choses très justes à chaque fois pour confirmer mes bonnes sensations. Je prendrais sûrement un peu de repos avant d’aborder les championnats de France en fin
de semaine. Je pense y commencer assez bas pour éviter l’accident.
Vous êtes vous déjà retrouvé avec si peu de repères à quelques semaines d’une grande échéance ?
J’avais toujours fait au minium 5,75m avant d’attaquer un grand championnat. Cela a dû m’arriver dans le passé d’être un peu perdu mais pas à un moment aussi important. Pour l’instant, je ne
suis pas en manque de confiance, même si elle n’est pas grande. Je n’ai pas de minima à faire mais je me suis quand même mis dans une phase où je voulais me prouver à moi-même que j’étais bien.
Aujourd’hui, j’essaie de me couper complètement de ça pour me préparer à être fort aux Jeux.
Vous imaginez-vous arriver à Pékin sans avoir réussi un grand saut avant ?
Cela peut être également risqué de vouloir faire à tout prix une perf’ en s’entraînant moins mais en hypothéquant la suite. Il n’y a pas de vérité dans le sport. Je n’étais pas très bien en
2001 et j’ai fini cinquième des championnats du monde d’Edmonton avec 5,85m. Et je me suis aussi planté en arrivant très en forme, comme à Paris en 2003. Je ne me pose pas de questions. Mais il
y a du boulot et c’est dur. Et si je suis à mon niveau au jeu, on verra ce qui se passe.