LA CHRONIQUE
DE
ROMAIN MESNIL :
Le journal de ma préparation sur Coach365 . propos receuillis par Sylvain COULLON
« Une bonne claque »
LA CHRONIQUE DE ROMAIN MESNIL :
En manque de jambes après une gastro-entérite, Romain Mesnil a conclu sa saison en salle par un zéro à Bercy. Le bilan reste toutefois globalement positif pour le Bordelais qui va désormais
attaquer une rude préparation estivale.
Romain Mesnil, comment expliquez-vous votre contre-performance à Bercy ?
Je n’avais pas fait zéro depuis un petit moment. Ça m’a remis une bonne claque. En fait, je n’étais pas bien mardi et mercredi à cause d’une gastro-entérite. Ça allait mieux jeudi et j’ai décidé de
sauter le lendemain. Curieusement, le fait de voir cette salle de Bercy m’a donné une grosse motivation et j’avais l’impression d’être super bien. Mais il s’est avéré que je n’avais pas de jambes.
J’ai donc fait des mauvais réglages de poteaux et de perche par rapport à mon état de forme réel. C’est de ma faute.
Quel bilan tirez-vous de votre saison en salle ?
C’est globalement bon. Du côté positif, il y a mon titre de champion de France à Bordeaux avec une perf’ à 5,70m, qui était la barre minimum que je m’étais fixé. J’ai également de moins en moins
mal à l’épaule. Dans le négatif, je classerais mes concours d’Eaubonne et Bercy où je me suis un peu grisé, ce qui m’a empêché de passer les 5,70m plus souvent, voire de faire 5,80m. J’ai fait un
peu moins de séances techniques que ce que j’aurais voulu cet hiver. J’ai tendance à pivoter au-dessus de la barre et c’est un gros problème technique que j’aimerais corriger pour gagner dix
centimètres. Et il me manquait un peu de caisse mais c’était prévu. A Bercy, Georges (Martin, son entraîneur) m’a dit : « J’ai bien vu que tu essayais de bien faire les choses mais tu es
cuit ».
Vous découvriez la salle de Bercy vendredi. Qu’avez-vous pensé de l’ambiance ?
C’était sympa et la musique était bien adaptée au contexte. D’un point de vue extérieur, j’ai trouvé dommage qu’il y ait une heure sans concours donc pas mal de temps morts. Accélérer la perche a
privé le meeting d’un fil rouge, même si je sais que c’est difficile à gérer. C’est dommage car dans le même temps, on n’a pas stoppé la perche pendant une démonstration de jeux vidéo. Jérôme
Clavier s’est ainsi retrouvé à sauter alors que tout le monde regarder Mario Bros sur l’écran géant… Il y a des bonnes idées mais encore un peu de travail pour que ce soit mieux.
« Se méfier du pic de forme »
Comment jugez-vous les nouveaux règlements (7 sauts pour chaque concurrent) ?
J’ai bien vu que c’était nul (sourire). Tout le monde a bien vu qu’il y avait un gros problème de lisibilité du concours. A cause des impasses, personne ne savait qui était à quelle place. Les gens
avaient du mal à suivre alors que le but était de faire quelque chose de très clair. C’est déjà délicat de bien comprendre avec les règles actuelles de la perche… Non seulement c’est
incompréhensible mais ça coupe le spectacle. Le jeune Renaud Lavillenie bat son record personnel (5,70m) mais il ne lui restait plus qu’un essai à 5,76m. C’est dommage pour lui et pour le public
qui est privé d’une belle bagarre. A mon avis, ce règlement ne va pas prendre.
Après une semaine de repos, vous attaquez votre préparation physique en vu de la saison estivale. Quel est le programme ?
Le programme, c’est que je vais en chier (rire). J’attaque lundi (3 mars) des séances de petit foot. C’est très ludique car on s’échauffe en jouant au foot. Les haies font les buts et on joue avec
un ballon de taille 2. Cela permet de travailler le cardiaque sur des séances de 30 à 45 minutes. Et derrière, j’enchaînerai des séances de courses qui montent jusqu’à 200m et pas mal de
musculation.
Le but est d’atteindre une forme optimum à quel moment ?
L’objectif est évidemment d’avoir un pic de forme aux Jeux Olympiques. Mais il faut se méfier du pic de forme à la perche. On préfère avoir un plateau de forme. A cause des réglages, il est
possible de passer complètement à travers si on arrive beaucoup plus en forme aux JO. Il faut être très bien juin pour réaliser rapidement les minima et prendre de bons repères. Je vais faire une
petite coupure de quinze jours en juillet et remettre de l’intensité à l’entraînement fin juillet début août pour retrouver le plateau de forme fin août au moment des Jeux. L’important est de
connaître parfaitement son état de forme pour connaître les bons réglages et choisir les bonnes perches.