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Vendredi 28 mars 2008


Sophie DANGER - jeudi 27 mars 2008 - 17h50

Les récents massacres opérés par le gouvernement chinois au Tibet ont conduit Romain Mesnil à prendre position. Le perchiste bordelais a lancé l’idée de porter un ruban vert en signe d’attachement aux droits de l’homme.

pour Coach365.fr



Romain, vous êtes le premier athlète à vraiment avoir pris position concernant la tenue des Jeux Olympiques en Chine. Pouvez-vous nous expliquer quel est le cheminement qui vous a conduit à proposer de porter un ruban vert durant l’évènement ?
Je n’avais pas vu alors d’images de ce qui se passait au Tibet car j’étais à tout  autre chose. Et puis, le jour de la naissance de Titouan (Ndlr : son deuxième enfant), j’ai reçu un appel de la radio RTL qui m’a demandé mon avis sur le sujet. J’étais en train de marcher vers l’école pour aller chercher Sohan (Ndlr : son premier enfant), j’avais un peu de temps, et je leur ai dit OK. Je savais ce qui se passait là-bas mais je n’avais pas vraiment réfléchi à cela. J’ai essayé de donner mon avis. Il est en quelque sorte  sorti de mes tripes. Et Petit à petit, cela  a cheminé dans mon esprit et j’ai commencé à y penser un peu plus. J’ai voulu monter au créneau rapidement afin de montrer la prise de position d’un sportif,  parce que mon avis est tranché, et que je pouvais me permettre de l’argumenter.
L’information a été relayée dans tous les médias, nationaux et étrangers. Avez-vous eu des retours de sportifs ?
Je n’ai pas eu de retour de l’étranger, mais j’ai eu des retours d’athlètes français. J’essaie de faire un peu le tour des sportifs afin de savoir s’ils sont intéressés  et s’ils veulent bien soutenir une initiative de ce type. Les athlètes que j’ai contactés  sont d’accord avec moi, en revanche, aucun ne veut prendre le risque d’être disqualifié pour les Jeux Olympiques. Il existe une charte olympique qu’il faut respecter, mais je voudrais malgré tout, faire avancer ce projet.

Il a été demandé aux sportifs de prendre une position tranchée sur le sujet et le boycott a souvent été évoqué. Pensez-vous qu’il soit normal que l’on demande à un athlète de renoncer à quatre ans d’efforts pour dénoncer l’attribution des Jeux à la Chine ?
Non, je ne le pense pas. L’athlète ne peut pas être  l’otage d’une décision qui n’est pas la sienne. C’est pour cela qu’on ne parle plus beaucoup du boycott pur,  . Toutes les prises de position que j’ai entendues jusqu’ici,   sont quasiment toutes contre. Tout le monde se rend compte qu’il est mieux d’aller à Pékin et de montrer, par un signe fort, son attachement aux droits de l’homme.
Vous sentez-vous néanmoins, en tant qu’athlète, investi d’une mission en vous rendant là-bas ?
Notre principale mission aux Jeux Olympiques est de pratiquer notre sport et d’essayer de gagner. Reste que les sportifs ont une conscience. On ne peut donc pas se rendre là-bas en faisant comme si de rien n’était. C’est pour cela que je propose cette initiative, sachant que, si on peut faire quelque chose en Chine, il faut le faire. Quoi qu’il en soit, une fois là-bas, je ne parlerai pas du tout des droits de l’homme. J’aimerai porter un signe comme ce ruban vert mais je serai complètement concentré sur la compétition , en faisant abstraction du reste. Mais il est possible, que me rendre à Pékin, sans manifester mon attachement aux droits de l’homme, me gênerait dans ma quête de performance.

Les athlètes n’ont aucune responsabilité sur le choix du pays hôte. En leur demandant de prendre une position ferme, on a l’impression que la responsabilité de ce choix leur incombe. Ne trouvez-vous pas cela disproportionné ?
Oui, c’est un peu disproportionné. Mais il ne faut pas  prendre les sportifs pour des pions. Nous sommes les acteurs de ces Jeux,nous avons une conscience, et nous ne pouvons  pas être mis à l’écart.

Peut-on penser que le CIO remette un jour en cause sa méthode d’attribution des Jeux Olympiques avec ce genre d’initiative ?
Il y a plusieurs personnes qui réfléchissent à une modification de la charte dans ce sens-là. Ce peut être un facteur….. Quand on relit les principes fondamentaux de la charte olympique, on s’aperçoit quelle n’est pas éloignée de la déclaration des droits de l’homme dans l’esprit général.
Allez-vous continuer dans cette voie ?
Au départ je me suis dit que je proposais une initiative afin de faire bouger les choses et que c’était déjà ça. Après réflexion, je me dis que c’est un projet qui peut avancer et j’ai envie de le mettre sur les rails. Par contre, à un moment donné, je dirai stop et je me concentrerai sur ma préparation. Pour l’instant, les échéances sont assez lointaines, je m’entraîne une seule fois par jour ce qui me laisse un peu de temps. Je me suis aperçu, tout au long de ma carrière, qu’il ne me suffisait pas de faire une seule chose à la fois. J’ai toujours besoin d’en faire plusieurs. C’est toujours délicat, mais c’est comme cela que je progresse . Ça m’occupe l’esprit en dehors de l’entraînement, ce qui me permet de ne pas penser qu’à la perche. C’est très important.

Avez-vous déjà réfléchi à la forme que cela va prendre ?
Il faudrait partir de l’idée et faire en sorte qu’il y ait une structure qui puisse s’occuper de cela . Pour le moment, l’idée est de coordonner les sportifs qui souhaitent faire partie d’un projet éventuel et essayer de le faire avancer. On nous demande notre avis mais les grandes instances nous mettent un peu à l’écart. Je pense que nous sommes des acteurs sur le terrain et nous devons  l’être également dans nos positions. Une action, à la fois des politiques, des médias et des sportifs est indispensable.

Pour finir, un petit mot sur l’entraînement ?
Il fait un temps exécrable en ce moment, il pleut et il fait froid. Je suis donc en semi-repos. Je m’entraîne mais c’est moins intensif….
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Vendredi 21 mars 2008
    Suite à la médiatisation tardive du non respect des droits de l'homme en Chine, je pense qu'une initiative de la part des sportifs aux Jeux Olympiques serait la bienvenue. Il serait intéressant que les sportifs qui le souhaitent, portent pendant toute la durée des jeux un ruban (vert, couleur de l'espoir) qui montrerai notre attachement au respect des droits de l'homme et ce, sans connotation politique.
    Ce Ruban rappellerai que le respect des droits de l'homme s'insèrent complètement dans l'esprit Olympique. Le but est que ce signe respecte la charte Olympique.

Merci de me donner votre avis,

Romain Mesnil
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Jeudi 20 mars 2008

Une interview décalée et haute en couleur!! par OPA team

 

 

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Jeudi 20 mars 2008


En pleine préparation physique depuis le début du mois, Romain Mesnil maintient sa fraîcheur mentale grâce à des « séances techniques plutôt sympas », où se mêlent travail et confrontation.

Propos receuilli par Sylvain COULLON pour Coach365

 

 

La préparation se poursuit
On fait toujours pas mal de séances de musculation et de courses. C’était assez dur mais on sait qu’il faut en passer par là. La lassitude se fait d’autant moins sentir qu’on a également fait quelques séances techniques plutôt sympas. A cause du mauvais temps, on a été obligé de s’entraîner en salle mercredi dernier (12 mars), où on a fait un concours avec dix mètres d’élan. Le but est de travailler sur l’adaptation pour esquiver la barre. Deux jours plus tard, on a fait un concours d’une heure et demi avec des perches limites pour franchir 5,10m. Avec si peu de marge, il fallait être extrêmement précis dans tout le saut pour passer.

Maintenir la motivation
Mon entraîneur Georges Martin aime bien qu’on se fasse des petits défis, avec des repères changeants. Et pas seulement au niveau de l’élan. On a par exemple récemment fait un concours où on n’avait pas le droit de prendre plus de 4 mètres de levier (hauteur de la main supérieur sur la perche), ce qui est très dur pour les grands. Les niveaux de chacun changent en fonction des jeux. Cela permet de travailler efficacement la technique tout en conservant l’esprit de compétition. Et comme ce n’est pas très fatigant, on peut effectuer énormément de sauts.

Saut extrême en interlude
On va sauter les 20 et 21 avril au lac de Bombanne, où l’on fait venir les media pour une petite démonstration d’ « extreme pole vault ». La première fois à la dune du Pyla, on avait seulement sauté dans le sable, sans rien autour. Là, on va essayer de faire plusieurs choses différentes. On va d’abord sauter dans une fausse au milieu du lac. Puis on fera ça en mettant une piste sur un ponton. Et en fonction des marées, on voudrait aussi passer au-dessus des vagues, sur l’océan. Les sensations sont différentes car on perd complètement les repères visuels habituels. Comme avec tout ce qui est nouveau, il y a toujours un peu d’appréhension et une petite notion de risque à maîtriser. Mais cela permet de faire quelque chose de nouveau, tout en travaillant les repères dans l’espace et se faisant un peu violence.

Stage d’élite à Monaco
Les meilleurs perchistes des groupes de Georges Martin et Gerald Beaudoin (entraîneur de Jérôme Clavier) se rassembleront du 25 avril au 2 mai à Monaco pour un stage axé surtout sur la technique. C’est toujours intéressant de changer un peu d’air, d’univers, avec une confrontation un peu différente. Même s’il n’y aura pas de surprise car on a l’habitude de se voir assez souvent.

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Samedi 15 mars 2008
Voici la finale en musique...

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Vendredi 14 mars 2008
Romain Mesnil : « Faire du sport, c’est apprendre à se connaître. Se doper, c’est se perdre. »

La Fédération Française d’Athlétisme a lancé en mars une vaste campagne de lutte et de prévention du dopage. Elle repose sur trois axes : la création d’un visuel fort, l’organisation de colloques avec des athlètes contrôlés positifs qui témoignent et la distribution de documents d’information aux jeunes licenciés. Romain Mesnil, vice-champion du Monde du saut à la perche en août dernier, porte un regard sans concessions sur les dangers du dopage. Interview.

Athle.com : La Fédération Française d’Athlétisme a lancé une vaste campagne de lutte et de prévention du dopage, appuyée par un visuel très fort (voir ci-dessous). Qu’en pensez-vous ?
Romain Mesnil : Ce visuel est pas mal. L’image est très frappante, on a l’impression que l’athlète est prisonnier. Mais je pense que réduire le dopage a la triche est réducteur. Pour moi, le dopage est avant tout une mise en danger du sportif. Car le plus grave, c’est que les sportifs dopés sont un peu les « cobayes » des laboratoires et des scientifiques qui les dopent. C’est très contradictoire quand on sait qu’une des premières bases du sport, c’est la santé et le dépassement de soi…

Les conséquences du dopage peuvent d’ailleurs être dramatiques…
Le dopage détruit le corps du sportif. Il peut même entraîner la mort. Quand des sportifs décèdent sur le coup sur un terrain de football, personne n’ose parler de dopage pour respecter la mémoire de la personne. Mais ça peut en être la conséquence.

La FFA a également décidé d’organiser des colloques où des athlètes contrôlés positifs témoigneront…
Faire de la prévention, c’est bien. Ces athlètes vont pouvoir raconter leur parcours, ce qui les a menés jusqu’au dopage. Mais il est important qu’ils disent la vérité. Il ne faut pas faire les choses à moitié, ils doivent faire preuve d’une réelle franchise.

Les jeunes licenciés de nos écoles d’athlétisme vont également être sensibilisés aux dangers du dopage. Quel discours faut-il leur tenir ?
Il faut donner à tous ces jeunes la bonne vision du sport. Quand on débute l’athlétisme, on doit avant tout penser à s’amuser. L’objectif, ce n’est pas de devenir champion du Monde. Le sport, c’est aussi progresser, quels que soient son niveau et ses qualités. Certains ont beaucoup de détente, d’autres ont un bon foncier. D’autres encore n’ont pas de points forts mais possèdent un super mental. Ce qui est intéressant, c’est d’apprendre à exploiter ses propres qualités pour voir ses limites.

Le dopage fausse complètement cette vision…
Oui, le dopage fausse complètement ces données. Quand on se dope, on ne recherche que la gloire et l’argent. On se ment à soi-même.

Le dopage est-il un sujet tabou entre athlètes ?
Non, on en discute pas mal entre nous. C’est un sujet qu’on aborde relativement facilement. Le problème, c’est que les athlètes en arrivent à se soupçonner très vite entre eux. C’est un phénomène qui se développe même en équipe de France.

La perche est une discipline très technique. Pensez-vous que votre épreuve soit plus épargnée que les autres par le dopage ?
Je crois à ça. Plus la discipline est technique, moins il y a de dopage. Ce qui ne signifie pas que notre discipline est à l’abri de ce fléau. Mais quand je vois la hauteur à laquelle j’arrive à sauter par rapport à mes performances en vitesse et en musculation, je me dis que la technique joue un rôle primordial. Je sais que je peux rivaliser avec les meilleurs en étant propre. C’est pour cette raison que je continue encore le saut à la perche à 30 ans. Sinon, j’aurais changé de sport depuis longtemps. J’ai choisi une phrase qui résume bien ma vision du dopage : Faire du sport, c’est apprendre à se connaître. Se doper, c’est se perdre.

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Mercredi 12 mars 2008
undefined« Il fallait que je prenne mon temps »
Sophie DANGER - mardi 11 mars 2008 - 15h50
Pour Coach365.fr

Une pause rapide et Romain Mesnil s’est remis au travail. Plus motivé que jamais, le vice-champion du monde de perche prépare l’été pied au plancher, des ambitions olympiques plein la tête.


La reprise
Je me suis remis au travail la semaine dernière. La coupure m’a fait du bien physiquement. Dans la tête, comme je n’étais pas hyper concentré cet hiver, je n’avais pas besoin de m’aérer complètement l’esprit. Par contre, j’ai retrouvé une motivation à la fin de l’hiver que je n’avais pas au début. C’est hyper important pour moi. J’ai pu descendre petit à petit de mon nuage d’Osaka. J’ai réussi à me remobiliser pour cet été, ce qui était l’objectif. Tout cela dépend beaucoup du caractère de la personne et du stade de sa carrière qu’il est en train de vivre. Moi, ça faisait dix ans que l’on me parlait de cette médaille en grand Championnat. L’attente a été tellement longue qu’il fallait que ça retombe. Il fallait que je prenne mon temps. C’est un choix personnel. J’avais fait ça pour Göteborg et je pense que c’est pour cela que j’ai pu, deux années de suite, réaliser de bons résultats en grands Championnats. Peu de Français font ça en athlétisme et c’est peut-être pour cela que, souvent, une année ça marche, une année ça ne marche pas.

Objectif, Pékin
Je suis focalisé sur les Jeux. J’ai repris l’entraînement et je suis beaucoup plus concentré dans ce que je fais. Même dans les séances de course, je fais beaucoup plus attention à mon travail de pied. C’est une chose que je ne voulais pas faire cet hiver pour ne pas saturer. Je ne voulais pas saturer à l’approche des Jeux, ni relâcher la pression avant. Là, je suis concentré, même pour les séances techniques. J’ai envie de faire les choses vachement bien et de manière très précise.

Le planning
Pendant deux mois, je vais alterner le quantitatif et le qualitatif. Le quantitatif concerne tout ce qui est course afin d’avoir une grosse caisse pour cet été ; le qualitatif concerne tout ce qui est technique. Nous ne faisons qu’une seule séance par jour. Deux, mon corps ne tient pas. On débute par un bon échauffement au foot pour travailler le cardiaque et la proprioception c'est-à-dire que l’on travaille à droite et à gauche car, on a tellement l’habitude de courir dans l’axe qu’il faut faire du travail différent. Enfin, il y a une séance technique qui dure plus ou moins longtemps selon les conditions météos, la motivation du jour… et une séance de course. C’est le schéma classique. Au début, les séances de course sont plus longues, les séances techniques sur un élan plus réduit. Petit à petit, on réduit les séances de course avec plus de vitesse. En ce qui concerne les séances techniques, on fait plus d’élan pour sauter plus haut.

Le programme
Il y a aura un petit interlude les 20 et 21 avril où nous allons faire des démonstrations d’ « extreme pole vault » : on va dans un lac, dans des pare-feu, par-dessus les vagues… Après je pars en stage au mois d’avril à Monaco. C’est un stage avec le groupe de Gérald Baudouin dans lequel évolue Jérôme Clavier. C’est bien de regrouper deux groupes d’entraînement, on peut se tirer la bourre.

Le retour à la compétition
J’ai les Interclubs le 3 mai. Ensuite, je reprends aux alentours du 25 mai ou du 1er juin. Je veux faire pas mal de sorties durant l’été, une douzaine. En perche, on a besoin de faire beaucoup de choses pour se régler (choix de perche, réglages de poteaux). Je ne vais cependant pas en faire énormément à l’étranger parce que les déplacements sont fatigants. Après dix ans, je sature. Partir sauter à l’étranger, c’est tout de suite sept heures de voyage minimum avec des changements. On n’est pas certain que les perches arrivent. Et puis, il n’y a pas énormément de compétitions de très haut niveau à l’étranger et il y en a pas mal de bonnes en France.

Retour sur les Championnats du monde en salle
Je les ai suivis. Jérôme Clavier prend une très belle quatrième place. C’est motivant de voir qu’il y a un autre perchiste en France qui va vraiment me bouger. Le Russe Evgeniy Lukyanenko a vraiment progressé et montre qu’il va être très dangereux. Après, on retrouve les mêmes : Brad Walker, Steve Hooker… Il y a une grosse densité en perche. Quoi qu’il en soit, globalement, ça ne va pas changer ma vision des choses. A Pékin, ce sera le même principe qu’à Osaka ce qui signifie que ça va être très dur et que ça va, je pense, monter un petit plus haut.

La polémique
Les médias ont beaucoup parlé des absences des Français aux Championnats du monde en salle. Il y a eu beaucoup de critiques par rapport à ça. Il faut néanmoins savoir qu’un athlète ne se prépare pas de la même manière lorsqu’il a 20 ans, 25 ans ou 30 ans. Faire des impasses l’hiver peut être psychologique pour certains et aussi physique car le but est d’arriver en forme pour les Jeux. Faire une saison hivernale, c’est toujours prendre un peu plus de risques et participer aux « Monde » implique de pousser le corps un peu plus loin. Si on n’a pas totalement récupéré de la saison d’avant, ça peut être dangereux. Faire l’impasse sur l’hiver est toujours difficile mais c’est un choix personnel. Quoi qu’il en soit, il est important de garder le contact avec la compétition. Après, il faut savoir se remobiliser pour être bon et ça, ça dépend du caractère de chacun.
Il reste que je suis déçu pour l’athlétisme mais, malheureusement, quand il y a des Championnats moins importants médiatiquement, au fur et à mesure des années, les athlètes viennent de moins en moins. Il faut repenser en partie le système de Championnat pour que les Championnats en salle soient plus intéressants.
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Vendredi 7 mars 2008
Demain se dérouleront les qualifications des championnats du Monde à Valence. Vous savez que je n'y participe pas. Jerome Clavier et Renaud Lavillenie défendront les couleurs de la France.
Du coup j'en profite pour vous montrer les qualifications des championnats de France de saut à la perche à la maison...

Bon vent les Gars!!


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Samedi 1 mars 2008
MESNIL_190208.jpgLA CHRONIQUE
DE
ROMAIN MESNIL :








Le journal de ma préparation sur Coach365 . propos receuillis par
Sylvain COULLON


« Une bonne claque »

LA CHRONIQUE DE ROMAIN MESNIL :

En manque de jambes après une gastro-entérite, Romain Mesnil a conclu sa saison en salle par un zéro à Bercy. Le bilan reste toutefois globalement positif pour le Bordelais qui va désormais attaquer une rude préparation estivale.

Romain Mesnil, comment expliquez-vous votre contre-performance à Bercy ?
Je n’avais pas fait zéro depuis un petit moment. Ça m’a remis une bonne claque. En fait, je n’étais pas bien mardi et mercredi à cause d’une gastro-entérite. Ça allait mieux jeudi et j’ai décidé de sauter le lendemain. Curieusement, le fait de voir cette salle de Bercy m’a donné une grosse motivation et j’avais l’impression d’être super bien. Mais il s’est avéré que je n’avais pas de jambes. J’ai donc fait des mauvais réglages de poteaux et de perche par rapport à mon état de forme réel. C’est de ma faute.

Quel bilan tirez-vous de votre saison en salle ?
C’est globalement bon. Du côté positif, il y a mon titre de champion de France à Bordeaux avec une perf’ à 5,70m, qui était la barre minimum que je m’étais fixé. J’ai également de moins en moins mal à l’épaule. Dans le négatif, je classerais mes concours d’Eaubonne et Bercy où je me suis un peu grisé, ce qui m’a empêché de passer les 5,70m plus souvent, voire de faire 5,80m. J’ai fait un peu moins de séances techniques que ce que j’aurais voulu cet hiver. J’ai tendance à pivoter au-dessus de la barre et c’est un gros problème technique que j’aimerais corriger pour gagner dix centimètres. Et il me manquait un peu de caisse mais c’était prévu. A Bercy, Georges (Martin, son entraîneur) m’a dit : « J’ai bien vu que tu essayais de bien faire les choses mais tu es cuit ».

Vous découvriez la salle de Bercy vendredi. Qu’avez-vous pensé de l’ambiance ?
C’était sympa et la musique était bien adaptée au contexte. D’un point de vue extérieur, j’ai trouvé dommage qu’il y ait une heure sans concours donc pas mal de temps morts. Accélérer la perche a privé le meeting d’un fil rouge, même si je sais que c’est difficile à gérer. C’est dommage car dans le même temps, on n’a pas stoppé la perche pendant une démonstration de jeux vidéo. Jérôme Clavier s’est ainsi retrouvé à sauter alors que tout le monde regarder Mario Bros sur l’écran géant… Il y a des bonnes idées mais encore un peu de travail pour que ce soit mieux.

« Se méfier du pic de forme »

Comment jugez-vous les nouveaux règlements (7 sauts pour chaque concurrent) ?
J’ai bien vu que c’était nul (sourire). Tout le monde a bien vu qu’il y avait un gros problème de lisibilité du concours. A cause des impasses, personne ne savait qui était à quelle place. Les gens avaient du mal à suivre alors que le but était de faire quelque chose de très clair. C’est déjà délicat de bien comprendre avec les règles actuelles de la perche… Non seulement c’est incompréhensible mais ça coupe le spectacle. Le jeune Renaud Lavillenie bat son record personnel (5,70m) mais il ne lui restait plus qu’un essai à 5,76m. C’est dommage pour lui et pour le public qui est privé d’une belle bagarre. A mon avis, ce règlement ne va pas prendre.

Après une semaine de repos, vous attaquez votre préparation physique en vu de la saison estivale. Quel est le programme ?
Le programme, c’est que je vais en chier (rire). J’attaque lundi (3 mars) des séances de petit foot. C’est très ludique car on s’échauffe en jouant au foot. Les haies font les buts et on joue avec un ballon de taille 2. Cela permet de travailler le cardiaque sur des séances de 30 à 45 minutes. Et derrière, j’enchaînerai des séances de courses qui montent jusqu’à 200m et pas mal de musculation.

Le but est d’atteindre une forme optimum à quel moment ?
L’objectif est évidemment d’avoir un pic de forme aux Jeux Olympiques. Mais il faut se méfier du pic de forme à la perche. On préfère avoir un plateau de forme. A cause des réglages, il est possible de passer complètement à travers si on arrive beaucoup plus en forme aux JO. Il faut être très bien juin pour réaliser rapidement les minima et prendre de bons repères. Je vais faire une petite coupure de quinze jours en juillet et remettre de l’intensité à l’entraînement fin juillet début août pour retrouver le plateau de forme fin août au moment des Jeux. L’important est de connaître parfaitement son état de forme pour connaître les bons réglages et choisir les bonnes perches.

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